Développement agricole
Le Foyer de Tanjomoha, qui veut être au service de la promotion de la population locale, s’engage régulièrement dans des projets de développement agricole. Citons quelques exemples parmi d’autres.
I. Le barrage d’irrigation de Vohindava – Nohona (2008)
Il existait à Vohindava un barrage d’irrigation en maçonnerie, commencé vers 1960 mais jamais achevé. Construit au fond d’une petite vallée sur un seuil rocheux, il capte les eaux d’un petit ruisseau qui coule toute l’année. Il était destiné à irriguer des rizières s’étendant entre les villages de Vohindava et Nohona sur une trentaine d’hectares.
Nous avons repris le projet en juin 2007. Nous avons rehaussé et renforcé le barrage et nous y avons placé des vannes. De plus, des canaux surplombant les rizières ont été creusés dans la terre par les paysans bénéficiaires pour transporter l’eau. Des aqueducs en ciment ou en bois pour franchir des vallées ou pour transporter l’eau sur la rive opposée des rizières ont été construits.
Grâce à l’eau du barrage, les paysans peuvent cultiver de bien plus grandes surfaces de rizières jusqu’à deux fois par an.
Nous avons de plus introduit la charrue attelée, qui est un grand progrès quand on sait qu’ils ne possédaient auparavant que des bèches. D’autres projets d’irrigation sont à l’étude.
II. Travaux de drainage ou d'irrigation des rizières
Il y a certaines rizières qui souffrent du manque d’eau et qui doivent être irriguées par des canaux amenant l’eau comme à Nohona, mais il y en a d’autres qui souffrent de l’excès d’eau et nécessitent des travaux de drainage pour obtenir de meilleurs rendements.
A l’appel de certains villages et avec l’appui technique des professeurs de l’école d’agriculture de Fihaonana nos voisins, nous avons entrepris de creuser ou simplement curer des canaux de drainage dans des rizières trop humides et marécageuses ou des canaux d’irrigation pour amener l’eau. Les travaux ont été réalisés par=des centaines de paysans, moyennant une petite contrepartie en nourriture.
Des travaux de ce type ont été réalisés en des villages de plusieurs communes au fil des années : Vohindava, Savana, Vohipeno, Vohitrindry, etc. Quand il s’agissait de petits projets à effectuer rapidement, c’est Tanjomoha qui à donner un petit encouragement en riz. Mais quand il s’agissait de grands projets, c’est le PAM qui fournissait les vivres.
Les résultats ont souvent été importants et parfois spectaculaires : de plus grandes superficies ont pu être cultivées avec de meilleurs résultats ; et, lors d’inondations cycloniques, il y a souvent eu un meilleur écoulement des eaux, permettant en certains cas de sauver les récoltes.
La déforestation est allée bon train à Madagascar, spécialement pour faire des cultures sur brûlis sans lendemains, enfreignant les lois civiles que personne ne s’occupait de faire respecter. Notre Sud-Est, jadis, couvert d’immenses forêts primaires, riches en bois précieux et en essences variées, ne donne maintenant plus que le triste spectacle de collines dénudées et infertiles.
En plus de la dramatique érosion des sols, une des conséquences en est que les gens ont du mal à trouver du bois pour construire leurs cases et, bien sû, ils n’ont pas assez d’argent pour construire en dur.
Alors que faire ? Il n’y a qu’une seule solution : il faut planter des arbres ! C’est l’idée simple que nous avons essayé de faire passer auprès des gens des villages avoisinants, nous inscrivant dans la dynamique du « Diocèse vert » lancée par l’Evêque de Farafangana, Mgr Benjamin Ramaroson, qui a mis en place un ambitieux service de reboisement dans tout son diocèse.
C’est en 2006 que nous nous sommes lancés dans le reboisement. Nous avons, bien sûr, planté sur le domaine de Tanjomoha. Mais aussi et surtout, nous offert des plants aux villages qui étaient d’accord pour consacrer des terres au reboisement et à faire le travail eux-mêmes.
A la suite du cyclone Hubert, en mars 2010, nous sommes passés à la vitesse supérieure. Profitant de la structure des 300 moniteurs agricoles de village, les KIF, que nous avions mise en place pour la relance agricole et avec l’appui des responsables du Diocèse vert, nous avons lancé un vaste programme de reboisement dans tout le district de Vohipeno, en janvier 2010. Nous avons formé les KIF aux techniques des semis en pépinière et de la plantation des jeunes arbres pour qu’ils les enseignent à leur tour aux gens de leurs villages. Mais ce travail n’est pas facile, car il a été contrecarré par le cyclone Bingiza, en mars 2011 qui a détruit un bon nombre de pépinières. Nous recommençons à planter sans nous décourager, car l’enjeu en vaut la peine.
IV. Formation agricole
Il faudrait ici parler longuement des énormes efforts que nous avons réalisés à la suite des inondations cycloniques destructrices de 2010 et 2011, où nous sommes lancés dans de vastes de programmes de relance agricole en collaboration avec l’école d’agriculture de Fihaonana, notre voisine, et de grosses organisations internationales, le PAM et la FAO. Ces programmes ont touchés des milliers de familles (5000, 8000, 11 000 ou 14 000, selon les cas) qui ont reçu des formations agricoles par l’intermédiaire de moniteurs ruraux, les KIF, formés à Tanjomoha, et des semences de toutes sortes, pour les aider à cultiver des plantes nouvelles selon les techniques modernes. (cf. Actualités, en page d'accueil)
De plus, même en dehors de ces périodes de crise, Tanjomoha travaille toujours en faveur du développement agricole sur des rayons plus limités, mais avec constance et conviction, en soutenant un ou plusieurs moniteurs agricoles qui animent les paysans pour qu’ils cultivent plus et mieux, car nous sommes convaincus que l’avenir de notre région est bel et bien l’agriculture.