Actions d'éducation dans la région
I. Les écoles de Nohona et Tanantsara
Les villages dont il est ici question sont situés à 8 et 15 km de Vohipeno et appartiennent au clan des Antemanaza dont il a été question dans la page de ce site consacrée au Foyer De Carme. Ils ont été rejetés et mis au ban de la société depuis des siècles en raison de préjugés ancestraux qui sont tenaces.
Le Père Vincent Carme, fondateur du Foyer de Tanjomoha, était allé habiter dans ces villages, en août 2000, se faisant construire deux petites cases, dans le but d’œuvrer à la réconciliation des clans opposés. Il est rentré en France en mars 2004 pour raison de santé.
Le Foyer de Tanjomoha est toujours très présent dans ces villages et, réalisant un désir cher au cœur du Père Carme, y a construit deux écoles :
- L’école Saint Paul de Tanantsara
Le village de Tanantsara, en bordure du fleuve Matitanana, est situé dans une région très habitée où les villages se touchnt presque. Le but de cette école était non seulement d’offrir un enseignement de bonne qualité aux enfants de ce village, mais aussi de promouvoir des relations respectueuses et fraternelles entre les enfants et les parents en provenance des clans opposés et d’œuvrer en faveur de leur réconciliation. C’est ma raison pour laquelle il fallait construire une école assez spacieuse pour qu’elle puisse accueillir tous les enfants des villages voisins qui voudraient venir y étudier.
C’est dans cet esprit d’ouverture et d’intégration sociale qu’une école maternelle et primaire, comprenant 8 classes, a été bâtie à l’entrée du village de Tanantsara. L’école maternelle ouvrit ses portes en septembre 2005. Puis on construisit l’école primaire en deux tranches de 3 classes. En juillet 2009, la classe de CM2 voyait sortir sa première promotion, reçue au grand complet au Certificat d’Etudes Primaires, résultat qui se reproduisit les années suivantes.
Une cantine scolaire pour le repas de midi, alimentée par des vivres du PAM (Programme Alimentaire Mondial), est prise en charge par le Comité des Parents d’Elèves et des délégués des parents qui se relaient à tour de rôle pour faire la cuisine.
L’école Saint Paul, qui commença par de petits effectifs, en provenance principalement des villages Antemanaza, gagna rapidement la confiance des autres villages et grandit vite. Elle compte maintenant 340 élèves, en provenance d’une dizaine de villages, dont la grande majorité vient des villages voisins qui jadis rejetaient les Antemanaza. Les enfants comme les parents apprennent à vivre ensemble de façon respectueuse et harmonieuse. C’est dire que cette école réalise peu à peu l’objectif d’intégration sociale qui était le sien.
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L’école Saint Luc de Nohona
Nohona, avec le hameau de Tanambao à quelques centaines de mètres de distance, appartient, tout comme Tannatsara, au clan des Antemanaza. Ces deux villages, perchés sur leurs collines, cachés au milieu des grands arbres, sont assez isolés. Les enfants de ces villages sont invités à aller étudier, à partir du CP, à l’école primaire Saint Paul de Tananstara, située à une dizaine de kilomètres de là. Les parents d’élèves ont d’ailleurs construit à cet effet une grande case qui sert d’internat pour ceux qui vont y étudier, sous la responsabilité d’une maman d’élève qui fait la cuisine et surveille les enfants.
Mais, bien sûr, il n’est pas possible que les tout petits aillent si loin pour étudier en classe maternelle. C’est pourquoi, réalisant un vœu du Père Vincent Carme, le Foyer de Tanjomoha a ouvert une école maternelle de deux classes. Elle eut d’abord pour local la petite maison en bois du Père Carme. Puis le Foyer de Tanjomoha aménagea deux salles de classe sur l’emplacement de l’ancienne église. Il y a maintenant près de 70 élèves qui s’éveillent joyeusement aux rudiments de la connaissance.
L’école maternelle Saint Luc voudrait, comme sa grande sœur de Tanantsara, s’ouvrir aux enfants des autres villages, comme certains parents en ont fait la demande. Mais les distances étant trop grandes pour leurs petites jambes, cela n’a pas encore été possible. Espérons qu’un jour, des parents s’enhardissant, cela se réalise.
Une cantine scolaire, avec des vivres fournie par le PAM, est organisée le midi en collaboration avec les parents qui font la cuisine.
II. La cantine scolaire d’Ambolosy
Ambolosy est un secteur rural de brousse, à 2 km au nord de la ville de Vohipeno, non loin de Tanjomoha. C’est en 2006 que nous avons fait connaissance avec cette population qui vivait dans une extrême pauvreté. Les gens sont originaires pour la plupart d’une région qui se trouve à 30 ou 40 km au sud de Vohipeno, habitée par la tribu des Zafisoro. Ils ont émigré vers 1995-1997, chassés de leur territoire à la suite d’un conflit tribal où leurs villages avaient été incendiés, ou après un terrible cyclone, selon les cas. Ils se sont retrouvés aux portes de Vohipeno, sans terres ni rizières, cherchant à survivre en faisant du charbon de bois, vivant dans de misérables cabanes minuscules et insalubres. Mais ce sont surtout leurs enfants, généralement sales, très maigres, en haillons, maladifs et non scolarisés qui suscitaient la compassion. Il fallait absolument faire quelque chose pour eux...
L’aide que nous avons tout d‘abord apportée à été de scolariser les enfants à l’Ecole Primaire Publique de leur quartier. Pour cela, nous les avons aidés à obtenir des papiers d’identité, en faisant des jugements supplétifs, car la plupart n’avaient pas été déclarés à la naissance. Nous leur avons donné des cahiers, des stylos, des blouses et des vêtements. Mais c’était encore suffisant.
Ces enfants ne mangeaient pas à leur faim. Il fallait les nourrir correctement si nous voulions qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions. C’est ainsi que nous avons décidé de faire une cantine scolaire. Nous avons construit un bâtiment en bois et acheté des marmites, des assiettes et des couverts. Nous avons organisé un service de cuisine, les mamans prenant un jour à tour de rôles. Ouverte en septembre 2006, cette cantine accueille actuellement 77 enfants pour le repas du matin et du midi. Une partie des vivres sont fournis par le PAM et le Foyer de Tanjomoha complète.
Les parents doivent participer à cet effort. En plus du service de cuisine, ils cultivent un jour par mois des légumes et du riz pour la cantine sur des terres et des rizières que nous avons mis à leur disposition. Le reste du temps ils peuvent cultiver pour leurs propres familles sur des terres et les rizières que nous leur prêtons. De plus, nous leur donnons régulièrement des formations agricoles et peu à peu ils deviennent de vrais paysans, fiers de leur métier, et ils abandonnent leur activité de charbonnier.
Leur habitat étant particulièrement déplorable, nous les avons aidés à reconstruire cases en bois dans lesquelles ils sont à l’abri et heureux avec leurs familles. Nous leur avons fourni les matériaux, tandis que les hommes s’entraidaient pour faire le travail gratuitement, si bien que maintenant on ne trouve plus de ces misérables masures.
Ainsi, commençant par l’éducation des enfants, c’est tout un peuple qui se prend en charge et progresse vers un avenir meilleur.
Case nouvellement construite à coté d'un ancienne
La gestion de cette cantine scolaire et de toutes les activités attenantes sont gérées par un groupe de femmes de l’AIC (Association Internationale des Charités) de Vohipeno. Parti d’une cantine scolaire, c’est en réalité toute une population misérable qui est en train d’émerger à une nouvelle vie.
Beaucoup d’enfants sourds-muets et aveugles habitent notre région. Leur problème est qu’ils ne peuvent pas étudier dans les écoles à côté de chez eux avec les autres enfants à cause de leur handicap sensoriel.
Or, il existe des écoles spécialisées tenues par les protestants luthériens qui offrent à ces enfants une éducation scolaire ou professionnelle adaptée à leur handicap. Mais les écolages et les pensions qu’il faut payer, ainsi que les frais de voyage, constituent un obstacle souvent insurmontable pour leurs parents.
C’est pourquoi, nous aidons une douzaine d’enfants sourds-muets à étudier dans l’école spécialisée d’Antsirabe et autant d’aveugles à étudier à Farafangana. Les enfants suivent une formation scolaire classique ou un enseignement professionnel et se préparent ainsi à leur avenir.
IV. Aide aux écoles pauvres
Avoir un enseignement primaire de qualité est un atout essentiel pour l’avenir du pays. Or, il y a dans les villes et les villages voisins des écoles primaires privées qui offrent un enseignement de qualité, mais qui ont du mal à vivre, car les parents, qui sont généralement de simples paysans, ne peuvent payer que de modestes écolages qui ne suffisent pas à payer les professeurs. C’est pourquoi, nous avons cherché des sponsors pour aider à payer le salaire de certains professeurs de ces écoles afin d’alléger les charges des parents et de permettre à l’école d’aller de l’avant. Nous soutenons deux écoles dans la région de Vohipeno et de Farafangana et soutenons plusieurs professeurs suppléant du public qui ne sont presque pas payés du fait qu’ils ne sont pas titulaires.
